La découverte au cours des années 2005 et 2006 sur le site archéologique d’Iruña-Veleia, dans la région de Vitoria, province basque d’Alava, d’inscriptions rédigées, les unes manifestement en latin populaire et tardif1 , et les autres assurément en basque, ou plus exactement en «proto-basque», des inscriptions datant selon toute vraisemblance du IIIe siècle de notre ère, voire d’une période allant du IIe au IVe siècle, a déclenché en Espagne une polémique des plus curieuses. Les commentaires figurant dans le présent article concerneront principalement la langue basque mais également, dans une moindre mesure, le latin, la langue latine ayant marqué, comme on le sait, profondément et durablement la langue basque depuis les époques les plus reculées2 . Précisons enfin qu’à l’heure actuelle (février 2011), nous ne savons toujours pas de manière définitive si ces inscriptions constituent ou non une falsification. Dans l’attente des analyses plus poussées qui sont, semble-t-il, actuellement programmées, la seule certitude dans cette affaire est qu’il n’existe, du point de linguistique et contrairement aux affirmations de certains auteurs, aucun élément, et cela, répétons-le, si en s’en tient uniquement aux connaissances de l’histoire connue, entre autres, de la langue basque qui est à ce jour celle des bascologues, laissant à penser à une tentative de falsification, fût-elle grossière ou sophistiquée.